Voix essentielles pour un Sommet "Faim Zéro" crucial

Tout le monde convient que le quatrième Sommet des régions sur la souveraineté et la sécurité alimentaires arrive à un moment très pertinent. Avec le prix des denrées alimentaires qui augmente de jour en jour à cause de la guerre en Ukraine et du changement climatique, il semble que nous soyons déjà confrontés à la "Famine à venir" prédite par Paul Roberts.

Face à cette situation très grave, ORU Fogar et l’Association Nationale des Conseillers Nationaux (ANCORE) du Chili ont organisé un programme qui va présenter les meilleures pratiques de politiques alimentaires régionales, En même temps, il comprend quelques voix très autorisées sur la question.

Le Sommet, pour commencer, va pouvoir écouter Paul Roberts, écrivain et journaliste américain, auteur de ce livre visionnaire publié en 2008. Il y a 14 ans, Roberts nous a avertis que la période exceptionnelle de l’histoire, durant laquelle nous, les humains, avons eu une abondance de nourriture, touchait à sa fin. Il indiquait ainsi un avenir inquiétant car le système de production alimentaire était confronté à divers dangers, dont le plus grand était que le bétail et les cultures pouvaient être touchés par des pandémies diverses et des pollutions dangereuses. Et au-delà de cela, dans un futur proche, deux éléments clés pour la production alimentaire allaient manquer : l’énergie et l’eau. Ceci, a-t-il affirmé, combiné avec la croissance de la population est une grande menace. Nous entendrons Roberts nous dire quand il semble que tous ses pronostics sont atteints.

Complémentaire de cette voix peut être celle de Roberta Billitteri de Slow Food Italia. Et c’est que, si Roberts peut diagnostiquer les menaces, Slow Food présente une alternative à l’état de choses dans lequel nous sommes. ORU Fogar a eu le privilège d’écouter le fondateur de Slow Food, Carlo Petrini, lors du Forum de développement économique local que nous avons organisé à Turin en octobre 2015. Depuis lors et dans ce mouvement né à Bra, dans le Piémont, d’autres voix ont complété celle de Petrini. L’une des plus intéressantes est celle de Roberta Billitteri. Slow Food s’étend dans de nombreux pays. Le nord de l’Italie reste cependant le laboratoire le plus important de ce mouvement alimentaire. Votre proposition de préservation de l’écorégion mérite d’être entendue au sein d’ORU Fogar.

Du Nord de l’Italie aussi, nous pourrons écouter Robert Cargngiu. C’est l’un des chefs les plus réputés et médiatiques du pays. Il aime, cependant, être appelé cuisinier. Il est président de l’Association des professionnels de la cuisine italienne. L’année 2020, je publie "La Nuova cucina Regionale". Cargngiu défend la cuisine du "bon sens", qui consiste à obtenir l’optimisation nutritionnelle, en travaillant avec des produits de proximité. L’Italie est sans aucun doute l’un des pays du monde, peut-être celui qui a mis en valeur sa gastronomie traditionnelle. Robert Cargngiu a non seulement contribué à cet objectif, mais il a aussi rendu l’échelle régionale plus prestigieuse.

À Temuco, nous entendrons également Gabriel Ferrero, président du Comité mondial de la sécurité alimentaire. Le Comité (CSA en anglais) est une plate-forme intergouvernementale regroupant les pays membres des Nations Unies, ainsi que les organismes et organes s’occupant de la sécurité alimentaire et de la nutrition, dont ORU Fogar. Le CSA est en quelque sorte le Parlement de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). La FAO, pour sa part, sera représentée par Ornella Tiboni, spécialiste des systèmes alimentaires de la FAO.

Alain-Richard Donwahi, président de la 15e Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et la sécheresse (COP 15), sera également présent au Chili. Président également du Conseil régional de la région ivoirienne de Nawa, membre d’ORU Fogar, Alain-Richard Donwahi va intervenir dans l’espace "Sécurité hydrique, reboisement et agriculture durable". Il pourra y compter les politiques qu’il a impulsées au niveau forestier, qui vont permettre de récupérer 3 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Dans cet espace participeront également Salah El Aboudi, vice-président du Conseil régional oriental du Maroc, Yao N’Guessan, vicepresident de San Pedro, Côte d’Ivore, et Issoufou Oumarou, président du Régiment de Tillabéri, Niger. Ils nous raconteront leurs expériences de travail sur ces questions en plein Sahara. Pendant ce temps, Jean Paul Benavente, gouverneur de Cusco, au Pérou, présentera l’expérience andine de "plantation d’eau".

La présence africaine sera remarquable. Les présidents des régions du Maroc, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Niger ou du Kenya partageront leurs expériences de lutte contre la malnutrition infantile, de défense du milieu rural, de promotion des marchés locaux ou de protection des agriculteurs. Les Européens expliqueront leur politique de production de proximité et d’appellations d’origine, mais aussi comment on lutte contre le gaspillage alimnetrio. Au Chili, en Équateur ou en Colombie, on parlera du travail des femmes et du monde indigène en faveur de la souveraineté alimentaire.

Un Africain, Adama Diouf, un Européen, Carles Llorens, et un Latino-américain, Jesús Quispe, discuteront du dilemme conceptuel de savoir s’il convient de parler uniquement de sécurité alimentaire ou s’il faut parler de souveraineté alimentaire.

Le Sommet comptera enfin sur la présence de Paul Carrasco, ancien président d’ORU Fogar et préfet de l’Azuay, en Équateur. Organisateur du III Sommet des Régions Faim Zéro à Cuenca, Carrasco va faire, à Temuco, un double transfert. Si, d’une part, il va transmettre le témoignage à Marcelo Carrasco, président d’ANCORE et hôte au Chili, d’autre part, il va le transmettre à Rachid el-Abdi, président d’ORU Fogar. Les deux Carrasco et le président El Abdi devront être entendus pour leur expérience dans ce domaine et leur travail en faveur du développement régional.

 

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