Dans le cadre d’un cycle de webinaires organisé par le Groupe de Travail sur l’Égalité de Genre de l’ORU Fogar, consacré à la présentation de bonnes pratiques régionales, l’expérience du Centre Intégral pour Hommes en Situation de Violence (CIV) de la Province de Córdoba, en Argentine, a été présentée. Cette première rencontre, animée par la journaliste Martha Campo, a positionné le modèle cordobais comme une politique publique d’avant-garde visant à éradiquer la violence de genre grâce à un travail direct avec les agresseurs. L’initiative s’inscrit dans une série d’espaces virtuels conçus pour échanger des stratégies efficaces déjà répliquées dans d’autres régions d’Amérique latine et d’Europe.
Partant du principe qu’il est impossible d’éradiquer la violence contre les femmes sans intervenir auprès de ceux qui l’exercent, le Centre célébrera ses 10 ans de trajectoire le 1er juillet 2026. Lors de la rencontre, Claudia Martínez, secrétaire à la Femme de la Province de Córdoba, a souligné que l’institution prend en charge un volume critique de 300 nouveaux cas par mois et maintient 25 groupes thérapeutiques hebdomadaires. Les fondements du programme s’inspirent de cadres théoriques internationaux, tels que le « mandat de masculinité » de Rita Segato, en se concentrant sur le démantèlement des injonctions patriarcales afin de prévenir efficacement la récidive.
L’une des données les plus marquantes partagées durant la session est que, parmi les quelque 25 000 hommes ayant suivi les traitements du centre, aucun n’a commis de féminicide par la suite. Ces résultats ont transformé les résistances initiales de divers secteurs en un soutien croissant, démontrant que l’approche de la masculinité ne retire pas de ressources aux victimes, mais complète leur protection en rompant le cycle de violence intergénérationnelle. Le succès du modèle a suscité l’intérêt de provinces argentines comme Salta et Neuquén, ainsi que de pays tels que l’Uruguay et le Panama. Claudia Martínez n’a cependant pas manqué de reconnaître que l’inspiration pour ces centres provenait d’expériences antérieures, comme celles du Pays basque, promues par l’Institut Basque de la Femme, EMAKUNDE.
Malgré ces avancées, le webinaire a également mis l’accent sur les défis urgents auxquels la gestion est confrontée dans un contexte marqué par la montée des discours de haine. Parmi les projets d’amélioration figurent la nécessité d’un bâtiment plus vaste et la création d’un espace d’hébergement pour les hommes exclus du domicile par décision judiciaire, afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent sans abri. Il est également prévu d’intégrer des services de finalisation des études et des écoles de métiers afin d’aborder de manière globale les vulnérabilités socio-économiques qui accompagnent souvent les situations de violence.
Ce cycle de webinaires poursuivra son programme en présentant des bonnes pratiques régionales issues de diverses régions du monde. Comme prochaine étape clé de cet agenda global, Claudia Martínez a annoncé que le Groupe de Travail sera présent à la CSW70 des Nations Unies et que, le 12 mars, il participera à un événement du programme officiel où seront discutées les bonnes pratiques en matière d’accès à la justice et l’efficacité de ces programmes dans la prévention du crime.