C’est un véritable honneur de m’adresser, au nom de l’OEA, aux membres d’ORU Fogar, après avoir participé au Forum GLOCAL «Tourisme et développement régional», dans le cadre d’un dialogue que je considère fondamental.
Nous avons débattu du rôle technique et stratégique des régions dans la gouvernance et le développement du tourisme. Mais aujourd’hui, je voudrais poser une question plus profonde : pourquoi la participation active des régions au tourisme n’est-elle pas seulement une bonne idée, mais un élément stratégique pour notre prospérité ?
Comme je l’ai expliqué plus en détail lors de mon intervention au Forum, les politiques touristiques sont trop souvent élaborées depuis les capitales nationales, loin des réalités quotidiennes des territoires. Pourtant, nous savons que l’expérience touristique est rarement « nationale ». Elle est avant tout locale ou régionale. Elle se déroule dans nos provinces, nos zones côtières, nos communautés rurales et nos villes.
Lorsque les régions – comme celles représentées par ORU Fogar – contribuent à définir les priorités, le tourisme cesse d’être une simple marchandise pour devenir le reflet de ce que nous sommes et de nos communautés, ce qui exige une gouvernance responsable et une protection appropriée.
Dans le cadre de mon travail à l’OEA, nous constatons constamment que le tourisme atteint son plus grand potentiel lorsqu’il agit comme un moteur du développement local. En considérant le tourisme comme une ressource au service du développement, les gouvernements régionaux contribuent à la réalisation d’objectifs stratégiques essentiels.
Premièrement, lorsque les gouvernements régionaux et les acteurs locaux élaborent leurs propres stratégies touristiques, ils veillent à ce que les bénéfices économiques demeurent sur leur territoire. Ils créent des liens entre le tourisme, l’agriculture locale, l’artisanat et les industries créatives de la région. Ainsi, la richesse générée par les visiteurs reste au sein des communautés et contribue à construire des écoles, des infrastructures et à renforcer la résilience.
Deuxièmement, nous sommes les gardiens de l’histoire, de la musique, de la gastronomie et de l’identité culturelle de nos régions. Une approche régionale garantit que ces richesses ne soient pas simplement « consommées » par les visiteurs, mais qu’elles soient protégées et valorisées. Ainsi, notre patrimoine culturel devient un moteur durable de prospérité, dans le respect de la dignité des communautés locales.
Troisièmement, si les politiques nationales définissent le cadre général, ce sont les gouvernements régionaux qui apportent le véritable pouls du territoire. En plaçant le tourisme au cœur de nos stratégies de développement régional, nous construisons un modèle de gouvernance agile, réactif et profondément connecté aux populations qui vivent dans ces destinations.
Mesdames et Messieurs, chers amis du tourisme, je vous invite à garder à l’esprit cette conviction : nous ne nous contentons pas de gérer des destinations ; nous construisons l’avenir de nos communautés et de nos régions.
Le tourisme n’est pas seulement un secteur économique. C’est un puissant outil stratégique d’autonomisation. C’est la manière dont nous, en tant que régions, définissons notre propre récit au sein de l’économie mondiale.